La sécurité bateau en France : le cadre réglementaire
En France, les équipements de sécurité obligatoires à bord sont définis par la réglementation des Affaires Maritimes selon la distance à la côte — appelée "division". La division 1 s'applique à moins de 2 milles d'un abri (navigation côtière proche), la division 2 de 2 à 6 milles, la division 4 de 6 à 60 milles, et la division 5 au-delà. Plus on s'éloigne, plus les équipements requis sont importants. La côte héraultaise, avec ses ports proches les uns des autres, permet souvent de naviguer en division 2, mais les traversées vers la Corse ou les Baléares nécessitent une dotation division 4 ou 5.
Gilets de sauvetage : le point le plus contrôlé
Les gilets de sauvetage sont le premier point de contrôle des Affaires Maritimes. Chaque personne à bord doit disposer d'un gilet adapté à son poids. Les gilets à gonflage automatique (150N minimum pour la haute mer) doivent avoir leur cartouche de CO2 en état (date de péremption valide, indicateur vert non perforé) et leur harnais d'accrochage. La vérification annuelle des gilets, réalisable soi-même en 10 minutes par gilet, évite l'amende et surtout garantit que le gilet fonctionnera en cas d'urgence.
Signaux pyrotechniques : durée de vie limitée
Les fusées et feux à main ont une durée de validité de 3 ans à compter de leur date de fabrication. Des signaux périmés ne sont plus conformes réglementairement et leur efficacité n'est plus garantie. La dotation minimum pour une navigation division 2 comprend 3 fusées à parachute et 2 feux à main. Pour la division 4 et au-delà, la dotation est renforcée. Vérifier les dates dès la préparation de saison et renouveler les périmés — les signaux usagés peuvent être rapportés dans les ports équipés de collecteurs.
VHF : l'équipement de communication indispensable
La VHF marine est obligatoire en division 4 et au-delà, et fortement recommandée dès la division 2. Une VHF fixe à bord, avec une antenne correctement installée, offre une portée de 20 à 40 milles — incomparablement supérieure à une VHF portable (5 à 10 milles). L'MMSI (numéro d'identification du navire) doit être programmé dans la VHF pour permettre l'appel de détresse DSC. L'obtention du MMSI est gratuite auprès de l'ANFR. L'attestation de conducteur de VHF (CRR ou ROC) est requise pour utiliser légalement une VHF fixe.
EPIRB et PLB : la balise de détresse
L'EPIRB (balise de détresse flottante) est obligatoire pour les navigations hauturières (division 5 et au-delà). Elle émet sur la fréquence 406 MHz détectée par les satellites COSPAS-SARSAT et permet aux secours de localiser le naufragé avec une précision de 100 mètres en quelques minutes. La batterie et le permis d'utilisation doivent être en cours de validité. Le PLB (balise personnelle) est l'équivalent portatif — non obligatoire mais vivement recommandé pour les navigations au large.
Extincteurs, pompe de cale et équipements de survie
L'extincteur est obligatoire sur tout bateau équipé d'un moteur. Il doit être accessible rapidement, en bon état de charge (contrôle annuel), et de type adapté aux feux de liquides et d'équipements électriques (classe B et C — type poudre ou CO2). La pompe de cale manuelle est obligatoire en division 4 — la pompe électrique seule ne suffit pas car elle peut être hors service en cas de court-circuit lors d'une voie d'eau. La trousse de secours, l'ancre avec sa chaîne et ses amarres complètent la dotation de base.